De bons produits locaux avec la "Ruche qui dit oui" de Saint Romans.

Depuis un an tous les jeudis soir les habitants de la commune de Saint-Romans et ses environs peuvent se régaler de bons produits locaux en achetant à la "Ruche qui dit oui" de Saint Romans. C’est un service en "circuit court" qui permet de rémunérer correctement les producteurs locaux tout en se faisant plaisir...
Il nous fallait évidemment interviewer sa co-fondatrice locale ("La Ruche qui dit oui" est un circuit national), Audrey, sur son offre, ses motivations et celles de ses clients...

En quoi votre initiative est-elle remarquable selon vous ?

Audrey : Pour moi le plus important, c’est de permettre aux producteurs locaux (pour ma ruche la plupart sont à moins de 20 minutes du local), de pouvoir mieux vivre de leur activité. De plus en plus de ferme arrêtent leur activité faute de repreneur ou d’insolvabilité... il faut aider les producteurs et les petits artisans pour que le métier soit moins difficile ou paraisse moins l’être.
La ruche leur permet d’avoir un outil qui leur permet de vendre à un prix correct leurs produits. Ils fixent eux même leur prix de vente. La ruche peut exister grâce au 17% de commission sur le C.A HT, à savoir que pour la plupart des autres points de vente comme des magasins de producteurs (sauf Amap, j’y reviendrai) c’est plus aux alentours des 25%.

Ma sœur étant maraichère Bio et ayant été moi même membre active d’une Amap, lorsque je me suis installée à Saint-Romans avec mitoyen à ma maison un grand local, il m’a semblé naturel que je pouvais le mettre à la disposition des producteurs locaux pour ouvrir une ruche.

Ce qui est aussi très bien et je n’avais pas pensé à cette conséquence, c’est que le grande majorité des producteurs ne se connaissaient pas avant de se retrouver à la ruche. Maintenant, ils échangent, discutent ensemble de leurs problématiques.
Et c’est pareil pour les membres ! Nous habitons tous en milieu rural mais ne nous connaissons pas ou alors nous nous voyons que très rarement. Le moment de la distribution est finalement aussi un moment de rencontre pour les habitants des environs.
Finalement un caractère social est apparu et c’est vraiment très sympa !

Comment se situe votre ruche et initiative par rapport aux autres initiatives de type Amap ?

Audrey : J’ai fait parti d’une Amap pendant 3 ans donc je suis encore tout à fait favorable aux Amap !

Une Amap c’est associatif, les membres "travaillent" pour l’Amap de façon bénévole. Ce n’est pas le cas pour la ruche qui dit oui. Sur les 17% de commission, 8.5% sont versés au réseau qui s’occupe du site internet et de la communication au niveau national et 8.5% au responsable de ruche qui met le local à disposition et fait le lien entre les membres et les producteurs.

Et surtout ce n’est pas la même façon de consommer !
Une Amap c’est un panier de légumes imposé chaque semaine avec un engagement sur un an.
A la ruche, les membres n’ont pas d’obligation, ni de quantité, ni de fréquence, c’est beaucoup plus souple. 
Dans les Amap il n’y a pas vraiment trop de choix de produits, il y a la plupart du temps des légumes, des fruits, de la viande et du pain.
A la ruche vous pouvez aussi bien retrouver des alcools que des produits cosmétiques. 

Pour tout vous dire, lorsque j’étais à l’Amap, je trouvai ça bien mais au bout de quelques années, les membres qui en avait marre du panier imposé se désengageaient. Ou alors les membres potentiels ne souhaitaient pas franchir le pas pour cette même problématique. Et je me disais "dommage qu’on ne puisse pas proposer quelque chose de plus souple pour quand même leur permettre de continuer avec les producteurs du coin au lieu de retourner acheter leurs produits en grande surface".
Et voilà qu’un jour on m’a parlé de la ruche qui dit oui !

Actuellement, les gens ont tellement le choix dans notre société de consommation qu’il est difficile de leur imposer ce qu’ils achètent. La ruche est donc juste un outil moderne supplémentaire qui je pense est mieux adapté aux habitudes de consommation actuelles même s’il reste encore tout de même une méthode de consommation contraignante face aux grandes surfaces (pré-commande, il faut aller chercher son panier à un moment précis..).

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Des rencontres aussi !

Comment voyez-vous le mouvement actuel d’achats de produits sains et locaux ;
est-il en augmentation ou en stagnation pour vous, concurrencé par exemple
par des grandes surfaces qui se sont positionnées sur le bio par exemple ?

Audrey : Il y a une augmentation des commandes. Chaque semaine, de nouveaux membres s’inscrivent et viennent chercher leurs produits. Nous distribuons environ 18 commandes par semaine, si on arrive à en avoir 25 par semaine nous serrons vraiment contents (moi et les producteurs !).
Cela fera un an en décembre que l’on a commencé l’activité et les débuts ont été difficiles, il a fallut trouver des producteurs prêts à jouer le jeu du démarrage (venir même si peu de commandes), mais maintenant ça tourne beaucoup mieux et nous n’avons plus cette problématique. Les producteurs des alentours qui ne font pas encore parti de la ruche de saint romans commencent à me contacter pour nous rejoindre, c’est donc bon signe !

Actuellement, il y a une prise de conscience avec la crise que le tissu économique local est important. Quand je vois que le bio distribué en grande surface vient d’argentine ou d’Afrique, je peux vous dire que ça me contrarie. Où est l’intérêt ? Vu le nombre de km d’avion ou de bateau que ces produits ont parcouru on perd déjà une bonne partie de l’impact positif environnemental du bio...

Nous voulons proposer des simples et locaux, simples car pour les petits artisans la composition des produits élaborés et simple et non remplie d’additifs de toutes sortes comme chez la plupart des grands industriels. Et simple aussi comme la façon de livrer ses produits : du producteur directement aux consommateurs !

A la ruche, il y a du bio et du non bio mais le plus important c’est que ce soit local. Évidemment, si je peux faire travailler un producteur bio et local alors là je suis super contente (il y en a 3 actuellement) mais il en faut pour tous les goûts. Certaines personnes n’ont rien à faire du bio et d’autres sont très à cheval sur ce type de production. Les clients choisissent leurs produits au moment de commander, tout est indiqué sur le site : le type de production (bio, raisonnée...) ainsi que la composition des produits.
 
Sur la concurrence des grandes surfaces : les membres de la ruche viennent pour avoir des produits frais (par exemple les légumes sont cueillis le matin même de la distribution et les truites tuées le matin même aussi) et non des produits qui sont sur des étals depuis plusieurs jours.
Ils viennent aussi pour faire une action de soutien aux producteurs locaux car grâce aux médias les personnes sont de plus en plus sensibilisées sur le fait que les grandes surfaces achètent les produits au rabais pour finalement les vendre à un prix consommateurs qui n’est pas plus intéressant... (crise de l’élevage du mois dernier par exemple).
On mange donc mieux et juste !
Par contre, nous sommes tous obligés de continuer à aller en grande surface, pour trouver des produits de consommation courante alors pour ma part je ne pense pas faire concurrence aux grandes surfaces...

Audrey voulait aussi nous dire...

Et oui un an déjà que la Ruche de Saint-Romans est ouverte ! Depuis décembre 2014, tous les jeudis soir les habitants de la commune de Saint-Romans et ses environs peuvent se régaler de bons produits locaux.

La Ruche qui dit Oui ! outil de vente en ligne créé en septembre 2011 donne des ailes aux circuits courts. Le site internet particulièrement innovant favorise les échanges directs entre producteurs locaux et communautés de consommateurs qui se retrouvent régulièrement lors de marchés éphémères. Derrière chaque Ruche, il y a un responsable et une initiative entrepreuneuriale ou associative qui participe au développement économique et social local. Côté écran, c’est archi-simple : les membres pré-commandent leurs produits en ligne et les récupèrent lors des distributions. Aujourd’hui, déjà 700 Ruches fonctionnent en France et près de 60 000 commandes sont enregistrées chaque mois.

Tous les jeudis soir de 18h à 19h30, Audrey et François GIANG vous accueillent dans leur local au 3216A route de Valence, 38160 Saint-Romans.
Convivialité et bonne humeur sont au rendez-vous. Presque une dizaine de producteurs se sont inscrits pour distribuer des fruits, des légumes, du pain, des confitures, du fromage, du porc, des truites, des bières, des alcools, des jus de fruits et des savons.
Et l’on compte déjà plus de 380 membres !

Pour plus d’informations :
- Le blog : www.laruchedesaintromans.com
- Le site internet d’achat en ligne : www.laruchequiditoui.fr
- La page Facebook : www.facebook.com/laruchequiditouisaintromans



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